Indices de Vincent Glenn à Utopia St Ouen l'Aumône

Publié le par Martine

Projection exceptionnelle LUNDI 9 MAI à 20h30 à

Utopia Saint-Ouen du film INDICES

 

36226.jpg

 

en présence de Vincent Glenn, réalisateur, et de Patrick Viveret, philosophe, ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, auteur entre autres de « Reconsidérer la Richesse » ( Editions de l'Aube ) et « Pourquoi ça ne va pas plus mal ? », collaborateur régulier du Monde Diplomatique . La soirée est co-animée par ATTAC Cergy et le Mouvement Utopia.

Écrit et réalisé par Vincent GLENN - documentaire France 2010 1h20mn - avec les interventions de (par ordre alphabétique) Bernard Cressens, Jean Fabre, Jean Gadrey, Enrico Giovaninni, Patricia Gualinga, Florence Jany-Catrice, Vivian Labrie, Bernard Lietaer, Dominique Méda, Riccardo Petrella, Joseph Stigltiz, Aminata Traor...




INDICES

Même s'il lui manque un peu d'embonpoint entretenu au beurre de cacahuètes et au soda XXL et une casquette de base ball, Vincent Glenn c'est un peu notre Michael Moore. La barbe avenante, et l'air jovial, avec une certaine douceur qui endort son interlocuteur, il un vrai don pour jouer faussement le naïf et rouler dans la farine des méchants requins de la finance et de la communication d'entreprise. En 2004, il réalisait Pas assez de volume, un documentaire éclairant sur le fonctionnement de l'Organisation Mondiale du Commerce, sur l'Accord Général sur la Commercialisation des Services (AGCS), sur ces institutions financières au nom mystérieux et au fonctionnement opaque qui, au-dessus des Etats et donc de nos choix démocratiques, prennent des décisions qui influent gravement sur nos vies et encore plus sur celle des pays les plus défavorisés. Sans éructation gauchisante, Glenn se faisait extrêmement pédagogue, parvenant, grâce à sa fausse candeur, à être reçu par les responsables de ces institutions pour mieux décrypter leur discours.

Vincent Glenn revient pour interroger deux termes économiques que l'on nous bassine depuis le collège, la doxa économique les présentant comme des valeurs positives : le PIB (Produit Intérieur Brut), indicateur censé mesurer les richesses créées dans un pays donné, et son corollaire : la CROISSANCE, désignant l'augmentation du PIB sur une année.
Et depuis des décennies, chaque candidat aux élections nous promet la croissance comme une valeur absolue et indispensable. Mais comment expliquer que l'on inclut par exemple dans le PIB les réparations entreprises suite à une catastrophe, la pire des tragédies humaines pouvant ainsi être une bonne chose pour la croissance ? Pourquoi dans nos pays le PIB augmente-t-il parfois en même temps que le chômage ? La croissance ne serait donc pas synonyme de bonheur et de bien être...

À l'aide d'interventions d'économistes peu soupçonnés d'être de dangereux anarchistes, Vincent Glenn interroge ces indices économiques qui ne veulent rien dire pour la vie des gens. Il se demande quels nouveaux indices inventer qui pourraient être significatifs dans notre quotidien. Il suit notamment la très sérieuse « Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social » créée par le gouvernement français et présidée par le professeur Joseph E.Stiglitz... Effet d'annonce ou réelle prise de conscience d'un malaise et d'une dichotomie entre économie et progrès social ?
Le film se place surtout aux côtés du collectif FAIR (Forum pour d'Autres Indicateurs de Richesses). Sans jamais être rébarbatif et même souvent drôle, Indices s'avère éclairant et nous permet désormais d'ouvrir une oreille critique, en ces périodes pré-électorales, chaque fois que les candidats à la candidature nous parlent de croissance...

Publié dans Livres - Films

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article