Compte-rendu réunion publique de l'hôpital de Pontoise

Publié le par Martine

COMPTE RENDU REUNION PUBLIQUE

10 NOVEMBRE A PONTOISE

COMITE DE DEFENSE DE L’HOPITAL DE PONTOISE

 

 

Intervention de C.Prudhomme (urgentiste-collectif fédéral CGT)


Ce matin conférence de presse à Paris des Médecins et Directeurs Hospitaliers, les syndicats de la santé et la Coordination Nationale de défense des hôpitaux et Maternités de proximité, pour demander le respect du service public, exprimant leur refus de voir les projets de décrets d’application de la loi HPST compromettrent le bon fonctionnement des établissements et ne correspondant pas aux intérêts des usagers et des professionnels.

 

Le désengagement de la sécurité sociale entraîne un reste à charge croissant pour les patients qui  doivent  se payer des mutuelles de plus en plus chères. Il s’agit là d’un marché juteux où les mutuelles associatives sont à la peine tandis que les compagnies d’assurance ont augmenté de 4% leur part de marché en à peine 3 ans.

La logique de la politique de santé contenue dans la loi HPST suit le code des assurances européennes, c'est-à-dire privatiser le soin, le glisser dans le secteur marchand. C’est livrer des pans entiers au privé et à ses actionnaires. Vous avez la carte Gold, Axa… vous pouvez accéder aux soins de proximité  proposés dans les réseaux de santé contrôlés par ces compagnies d’assurances, sinon vous devrez subir les files d’attente dans des hôpitaux publics dégradés.

 

Les ARS (agence régionale de santé) prennent le pouvoir et organisent un management des communautés hospitalières en territoires qui donc fusionnent les hôpitaux et obligent aux partenariats public/privé. Leur directeur est nommé par le Conseil des Ministres, celui de l’Ile de France devrait être M. Evin, et dans la région Midi-Pyrénées, un ancien DRH d’un groupe minier ! L’interlocuteur unique, le Directeur de l’Etablissement de santé (il n’est plus appelé Hôpital), seul pouvoir décisionnaire. C'est la mise en place d'un système hiérarchique et autoritaire avec des structures de décision complètement verticales où seule compte la rentabilité, les chefs de service hospitaliers s'aperçoivent q u'ils sont complètement écartés des décisions.

 

La priorité, les activités rentables. Restent à la structure publique, la permanence des soins et l’aide à la précarité. C’est un recul de l’accès aux soins.
L’Organisation Mondiale de la santé nous classait à la fin des années 1990 au meilleur rang dans l’accès aux soins et notre système de protection sociale nous était envié. Maintenant nous avons largement reculé dans le classement, alors qu’Obama tente dans le même temps de mettre en place une protection sociale.

En 2004, Douste Blazy reprend le contrôle de l’UNCAM avec sa tête, l’ancien directeur d’AXA, puis Guillaume Sarkozy, à la tête du groupe d’assurances Malkoff-Médéric.  D’où l’arrivée des franchises médicales et les décisions d’organisation pour éloigner la population de la prise en charge médicale, et

Pendant que la « Générale de santé » et les industries pharmaceutiques engrangent des milliards de bénéfices, le déficit de la sécurité sociale augmente.

Le personnel hospitalier souffre au travail, on se suicide aussi à l’hôpital,  les effectifs font cruellement défaut. A Avicenne, ils ont fait grève 4 mois mais ils travaillaient, le seul moyen qu’ils avaient trouvé de manifester leur colère, répandre les poubelles avant de partir !

La situation est gravissime, il faut absolument lutter pour faire savoir ce qui se passe dans les hôpitaux, les risques qui sont pris, le manque de places et les « morts pour rien ». Il n’y a pas de grand soir, pas de petites victoires non plus. Tous les moyens sont bons  pour faire avancer la lutte. La Maternité de l’hôpital de St Antoine doit fermer ses portes, alors qu’ils pratiquent 2400 accouchements par an qui devraient être absorbé par Tenon et Trousseau déjà saturés eux aussi. Dans la région, le Maire de Gisors a lui aussi largement contribué au maintien des soins de proximité. Il a été de tous les combats et à ce jour l’hôpital prend en charge la chirurgie avec une complémentarité avec le privé, la maternité et la médecine.

 

 

Dominique Lesparre (Maire de Bezons, Vice Président du Conseil Général de VO et membre du comité de défense de l’hôpital d’Argenteuil)

Un pouvoir qui vise à briser toutes les solidarités. Plus de place pour la justice sociale, plus de place pour le service public. Les CAT qui ferment. L’hôpital d’Argenteuil voit lui aussi ses effectifs diminuer et la fermeture programmée de la radiothérapie avec des logiques invraisemblables.
Les menaces de fermetures ont amené de larges rassemblements. Pendant ce temps, les cliniques récupèrent des urgences qui absorbent les carences du réseau de ville. Argenteuil est en cours de fusion avec Eaubonne/Montmorency et les élus se sont engagés à faire signer une pétition pour le faire savoir à la population qui a pris conscience des enjeux de la politique de santé et les incidences sur les services publics qui sont le ciment de notre société. La place des élus est primordiale, au cœur des résistances de tout ce qui fait mal à la société

Dominique Gillot (Maire d’Eragny – Ancienne Secrétaire d’Etat à

 

 

Son intervention s’inscrit dans une résistance organisée mais moins optimiste que D. Lesparres sur les effets de nos luttes face au démantèlement, au dénigrement de l’HP. Elle répondra comme demandé, en tant qu’ancienne secrétaire d’Etat à la santé.

Le Ministre de la santé est le plus souvent choisi dans le corpus de médecins influencés par des lobbies. En 1996, on parlait déjà de complémentarité public/privé. Les ARH n’ont jamais été remises en cause, avec des préfets détenant tous les pouvoirs.

Ma première intention était de réduire les inégalités, d’augmenter les recettes de la Sécurité sociale qui était encore en équilibre. Augmenter les recettes, c’est déjà plafonner les tarifs de l’industrie pharmaceutique, instaurer le respect des droits des malades, installer une démocratie sanitaire.

L’intérieur de l’H est d’une grande complexité, avec la mise en route des démarches d’accréditation, la mise en place des 35H, la démographie médicale en chute en faisant face au dénigrement des élus de la droite et la mauvaise conscience de chaque élu face aux problèmes de santé. Oui la santé a un coût et les patients sont des gens responsables. La pénurie médicale avec un nombre d’étudiants passant de 8500 à 3500 par an, politique malthusienne et soutenue par chaque syndicat de médecins libéraux.
Douste Blazy installe en 96 les dépassements d’honoraires à l’hôpital public, viennent ensuite les médecins à diplômes étrangers pour répondre à la désertification médicale, même en zones urbaines. Nous parlons alors de clientèle et non plus de patients.

Le 3ème secteur de la sécurité sociale est touché par le chômage et le manque rentrées de cotisations.

Le budget des H est aujourd’hui d’1 milliard de déficit, celui de la sécurité sociale de 20 milliards de déficit. Les besoins de santé augmentent avec l’allongement de la vie. Les dépenses de santé représentent en France 11% du PIB, plus qu’en Grande Bretagne et moins qu’aux Etats-Unis (16%).

On accuse le gaspillage des prescriptions, des usagers mais rien sur le gaspillage de l’industrie pharmaceutique qui dépense 25% de son chiffre d’affaire en marketing , soit 25 000€ par médecin pour promouvoir les nouveaux médicaments. Où est l’intérêt ? Me M. Aubry parle de la marge des pharmaciens, 21%. L’hôpital n’arrive plus à satisfaire les usagers et pendant ce temps, près de chez nous, une clinique qui n’attend même pas les agréments pour débuter les travaux, la priorité, les actionnaires et le niveau de rentabilité. L’accueil H24 revient à l’hôpital ainsi que la formation des médecins. Les EPA font place nette aux EPIC à but industriel et commercial. Le rapport de l’IGAS montre la forte augmentation des dépassements d’honoraires. La privatisation de la santé avait diminué en 1996 et largement étendue depuis 2004. La loi Bachelot renforce le transfert des coûts sur les ménages et les assureurs. A chacun ses besoins.

 

Françoise Nay, Vice Présidente de la Coordination de défense des hôpitaux et Maternité de proximité, médecin en EPHAD

Nous rassemblons des comités militants qui, par définition, évoluent. En gros, notre noyau dur est constitué d’une centaine de collectifs. On touche entre 250 et 300 localités ou sites hospitaliers. Quand nous avons fondé la Coordination à Saint-Affrique en 2004, nous l’avons fait avec des comités qui existaient depuis vingt ans. Nous étions alors une quarantaine. Depuis la loi Bachelot, nous

 

enregistrons de nouvelles recrues. Et si au démarrage, nous avions une étiquette de « localisme » – je défendais, par exemple, la « Franche-Comté profonde » –, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La région parisienne nous a rejoints (Ivry, Juvisy…), de grandes villes comme Bordeaux sont très actives.

 Le cas de la maternité de Saint-Antoine, à Paris, est assez emblématique. Il montre que si les menaces de fermeture ont touché d’abord les hôpitaux de proximité isolés, elles touchent maintenant les CHU. Le problème à Saint-Antoine est le même qu’à Valréas : à la campagne comme à Paris, les gens ont besoin d’une structure proche de chez eux. Saint Antoine, ce sont 2400 accouchements qui devraient être transférés sur Thonon et Trousseau. Pourtant la barre de la soit disante sécurité avait été fixée à 300 accouchements par an pour éviter une fermeture.

Une enquête du SPF montre que 17% des Français ont renoncé à un soin pour une raison d’éloignement.

Ce que nous voulons, c’est permettre à tous l’accès aux soins, limiter la perte de chances pour les usagers. La difficulté existe aussi pour un médecin de s’installer seul, sans une structure de proximité pour coopérer. En 1970, 1400 établissements publics de santé et maintenant 570. Un bloc sur quatre est encore public. C’est 182 blocs opératoires que le Ministère veut fermer et sans en donner la liste. La loi de L’ARS, c’est aller vite et en dépit du bon sens, sans respecter les besoins de santé. Le titre de la loi est d’ailleurs « les établissements de santé » et non hôpitaux dont ils trient les missions.

La « lutte contre les dépassements d’honoraires » est un problème dans les hôpitaux de proximité. Il y a à ce jour une centaine de localités en France où le secteur public de santé n’existant plus, les gens n’ont pas le choix : soit ils vont se faire soigner ailleurs, soit ils paient plus cher.

Les élus locaux entendent les usagers qui râlent, ils savent que des femmes accouchent sur le bord de la route. Tous les départements voient augmenter l’activité des pompiers, certains s’interrogent sur l’achat d’un hélicoptère… Les parlementaires ont une conscience plus forte du problème, le débat public est plus riche. Une patiente qui ne peut pas aller dans le privé doit attendre plusieurs mois

Mais cette prise de conscience est une chose, le débat budgétaire en est une autre. Je connais des élus d’une très grande fermeté dans leur circonscription sur la défense des hôpitaux de proximité qui ont quand même voté la loi HPST, ou qui diront « ils ont choisi d’habiter là ». De plus en plus, la justice – peut-être sensibilisée au sujet par la fermeture de ses propres structures – Il faut informer et mobiliser encore, faire grandir le mouvement.

Le débat – 120 personnes

- intervention d’un militant de POI, salarié de la CPAM

 

« Je suis syndicaliste à la Sécurité sociale et militant du POI, dans le Val d’Oise 23 centres de sécu sur 33 ont fermés depuis 1998. Le 1er janvier 2010, 48 caisses départementales vont fusionner.

Il n’y a pas de déficit, les patrons doivent à la Sécurité sociale 250 milliards depuis le traité de Maastricht en exonération de cotisations.

Pourquoi ces fusions ? Il s’agit du vote de  la loi Bachelot le 21/07/09 avec la mise en place des ARS (Agence Régionale de Santé), et la régionalisation de la Sécurité sociale mise sous la tutelle des préfets de région.

Des centaines d’agents de sécu seraient mutés à des dizaines de kilomètres de leur domicile, en majorité des mères de famille au mépris de leur statut.

 

 

 

Cette loi contre laquelle des dizaines de milliers de médecins, de personnels de santé, de personnels de sécurité sociale avec leurs fédérations syndicales ont manifesté pendant des mois pour en exiger le retrait.

De 1000 hôpitaux publics il resterait 300 territoires de santé.

Vous le savez 182 blocs opératoires vont fermer, comme pour les maternités et les bureaux de postes et il y a cette ignoble décision de supprimer le 100% pour les affections de longue durée au bout de 5 ans sous prétexte que les malades seraient guéris.

Ce n’est pas aux médecins ici présents que je vais l’apprendre, la loi Bachelot en particulier supprime l’obligation de moyens du code de la santé publique au profit de missions de service public.

Que l’on ne nous dise pas qu’il n’y a pas d’argent, 428 milliards d’euros ont été débloqués pour sauver les banques qui continuent à spéculer après la faillite financière qu’elles ont organisée, il faut  que cet argent soit rendu à l’hôpital public. 

Oui vous avez raison l’hôpital public est en grand danger, mais peut on le préserver sans combattre pour l’abrogation de la loi Bachelot comme le demande Dominique Lesparre (maire PCF de Bezons) dans la gazette du Val d’Oise ? Et pour ma part je regrette qu’il ne l’ait pas redit ici.

Comment comprendre que ce mot d’ordre soit absent du texte et de la pétition écrits pour cette réunion. !

N’est-ce pas du fait que Claude Evin (ancien ministre socialiste de la santé)  ait été nommé par Sarkozy directeur de l’ARS d’Ile de France ?

Y aurait-il une mauvaise ARS de droite et une bonne ARS de gauche ?

Y aurait-il une bonne CSG de gauche qui a permis à l’Etat de commencer à mettre la main sur le budget de la sécu et une mauvaise CSG de droite ?

 Mme Gillot, vous avez été ministre, vous avez parlé de la privatisation de la poste, n’est-ce pas Mrs Quilès et Jospin qui ont ouvert la voie  à la privatisation de la Poste ?

Le POI est pour l’unité, mais l’unité exige la clarté. Pour sauver l’hôpital public, il est nécessaire de combattre pour l’abrogation de la loi Bachelot et la suppression des ARS .C’est une question de survie pour la population. »

Le Parti ouvrier indépendant se prononce pour :

-          l’abrogation de la loi Bachelot, la suppression des Agences Régionales de Santé,

-          L’unité pour la défense des 182 hôpitaux menacés

-          Pour le rétablissement des 167 postes supprimés à l’hôpital de pontoise et de tous les postes dans les hôpitaux publics du Val  d’Oise

 

Un cadre enseignant de l’école d’infirmières qui a débuté quand il y avait encore les salles communes et pas d’hôpitaux psychiatriques. Beaucoup de progrès de faits depuis et pourtant il y a une autre réalité avec des soignants en souffrance physiquement et mentalement. Beaucoup d’arrêts de maladie, de départs, de suicides

 

C. Prudhomme, oui les soignants sont en souffrance, ils ne peuvent plus faire leur travail correctement. Mais il faut lutter et il n’y a ni victoire, ni grand soir, mais un minimum syndical pour dénoncer la réalité concrète du terrain

 

Me Gillot ne se sent pas responsable des transfuges. Il y a une réelle crise des vocations. Ces métiers maintenant font peur, un vrai malaise à l’intérieur du monde de la santé

 

Un participant, il vaut mieux aller à l’hôpital bien portant ! un chirurgien dentiste x5 la facture du prothésiste. On va rattraper l’Angleterre. Veut signer une pétition

 

Secrétaire départementale santé CGT 95 : les agents ne sont même pas en colère, ils ne luttent pas, ils sont résignés. Les directions généralisent les journées en 12h, les salaires sont bloqués. Dans le privé à but lucratif, la maltraitance institutionnelle est organisée, chez Clinéa, Orpéa…Des accidents du travail graves avec invalidité à 40 ans, sans reclassement possible. Vous ne verrez jamais ni pédiatrie, ni gériatrie aigüe en clinique, activités trop coûteuses

 

 

 

Un usager demande ce qu’on peut faire pour réclamer des effectifs

Un autre qui a été soigné à Pontoise découvre « le merdier » qu’il y a à l’hôpital et est « bien content d’en être sorti vivant »

 

Le syndicat autonome de l’hôpital rappelle le plan Juppé, la réduction des formations, les études devenues payantes, 4500 pour une AS, 7 à 8000 pour une IDE, la réquisition des élèves de 3ème année IDE pour les vaccinations antigrippales. Un soignant marche dans son service 10 à 12 kms par jour, 140 postes supprimés à Pontoise et 300 agents par jour absents pour maladie

 

D. Lesparre parle de la dégradation de la société en souffrance, jusqu’à voir un vol alimentaire dans un supermarché.

Les élus doivent permettre la conscience de ces réalités, être les accélérateurs du mouvement, les mobilisateurs et mettre en cohérence des acteurs dans ces luttes. Monsieur Doucet à Argenteuil, qui hier votait le plan de redressement, demande à son tour un Conseil municipal extraordinaire pour débattre de la fusion déjà en cours

 

C. Prudhomme les syndicats de médecins et de directeurs ont cosigné une lettre en direction du   Ministère. Ils dénoncent la « perte de chances pour les patients avec 25% de lits fermés

Il faut garder  la perspective de réunir les syndicats, les associations éducatives et populaires, les politiques, rassembler comme le comité de défense de la poste, et faire connaître la situation de la santé dans ce pays.

 

F.Nay et multiplier les initiatives, faire connaître les témoignages des soignants, interpeller les élus                            

 

 

Fin du débat : 23h15

 

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clementine 05/01/2010 19:52



Oh là là ! Je partage l'avis du Marie de  Bezons.. entièrement.. 
c'est dramatique. Associé santé et "gros sous  (comme les enjeux de la grippe A) , est une honte à la nation.  Une honte au passé où les gens se sont battus pour avoir des
droits.. et après on vient nous faire de beaux discours sur tel ou tel événement à ne jamais oublier et eux oublient l'essentiel le droit à la santé pour tout le monde.. 
bonne soirée
clem 



Eliane 05/01/2010 19:40


je suis passé€ ce matin, et je repasserais demain lol

bisous et bonne soirée


:0091: :0010: :0085: 05/01/2010 12:52


ne correspondant pas aux intérêts des usagers (?)  et des professionnels... !! grave sujet....!! bonne journée Martine